Alors maintenant que je vous ai parlé de comment j’ai trouvé ma maison d’édition, je pense qu’il faut vous dire ce qui s’est passé depuis.

J’ai écrit un article il y a quelques semaines sur comment je l’ai vécu (cocktail explosifs de tout un tas d’émotions chouettes!) mais concrètement, comment ça s’est passé?

1- Les corrections, vague 1

Un des premiers trucs dont on a convenu avec mon éditrice quand elle m’a annoncé que mon texte serait publié, c’était qu’elle voulait revoir quelques petites choses.

Alors attention, j’ai entendu des histoires horribles sur les relations éditeur/écrivain. Des relations conflictuelles, de l’abus de pouvoir, des modifications sauvages sans l’accord de l’auteur… Bref, ça n’a pas du tout été le cas pour moi.

Chaque fois que mon éditrice ou ma correctrice venait vers moi, c’était pour me suggérer des corrections. Pas pour me les imposer. La plupart du temps, j’ai décidé de faire confiance à ma maison d’édition. C’est leur travail, ils savent ce qu’ils font.
Si je ne voulais pas modifier quoi que ce soit à mon manuscrit, si je n’avais pas voulu l’avis parfois tranchant de professionnels, je me serai auto publiée. Or, il fallait que je sois en accord avec mon choix.

Bien entendu, je n’ai pas dit amen à tout. Mais en général, j’étais d’accord avec ce qui était proposé.
En premier lieu, il a fallu faire une correction sur le texte brut : quelques incohérences, raccourcir une fin un peu trop longue et revoir une ou deux scènes.
Je savais que cela ne serait que la première vague de correction et qu’ensuite, mon manuscrit passerait entre d’autres mains pour d’autres corrections de fond et de forme.

2- Signature du contrat

J’ai reçu mon contrat deux à trois semaines après l’annonce de la publication. Alors, évidemment, c’était un peu l’angoisse. Je me rappelle pendant les premiers jours que je me demandais si tout ça n’était pas une vaste blague. Mais quand j’ai reçu le contrat, là c’était vrai, c’était réel.
Bon, ensuite, le moment relou est venu : il a fallu lire le contrat.

Je vous le dis tout de suite, je vais partir dans des termes juridiques.

Quand on signe un contrat, on ne vend pas son texte, on le cède. On cède ses droits d’auteur à une maison d’édition qui va publier, diffuser, promouvoir et vendre ton livre. Tu cèdes tes droits, mais en échange, la maison d’édition s’engage à faire en sorte que le texte vive et se retrouve entre le maximum de mains possible.
Le contrat faisait 11 pages, écrit en tout petit, mais rien ne m’a arrêté, j’ai tout lu.

Globalement, deux choses m’intéressaient

  • La clause de préférence : quand tu signes un contrat avec une clause de préférence, cela veut dire que ta maison d’édition a la priorité sur tes prochains manuscrits sur une durée donnée (je crois que c’est ça, mais je suis pas juriste, donc bon.) Ce n’est pas forcément une cause très intéressante, surtout si tu connais pas encore très bien ta maison d’édition. Imagine que ça ne se passe pas bien et que tu sois contraint et forcé de travailler avec eux sur tes prochains projets… Pas génial. Bref, heureusement, il n’y en avait pas dans mon contrat.
  • La durée de cession de mes droits. Là, le bât a un peu blessé : je cédais mes droits à vie. Je ne pourrai récupérer mes droits que 70 ans après ma mort (et comme je suis un être immortel depuis que j’ai vendu mon âme au diable, je sais pas quand je vais pouvoir les récupérer, ces droits!) comme le dit le droit de la propriété intellectuelle. Je ne pourrai récupérer mes droits que si ma maison d’édition ne fait pas son travail et ne vend aucun livre. Encore une fois, si ça se passe mal avec ma maison, je l’ai un peu dans l’os. Pour autant, j’ai décidé d’être confiante.

J’avais déjà eu mon éditrice au téléphone plusieurs fois et le courant était très bien passé. Quand je lui ai parlé de mon doute concernant ma cession de droit, elle m’a immédiatement envoyé de la documentation afin que je puisse mieux comprendre mon contrat et m’a encouragée à revenir vers elle à la moindre question.

Que voulez-vous, je suis un Bisounours et je voulais faire confiance. Je le regretterai peut-être dans quelques années, mais pour l’instant, ça ne m’empêche pas de dormir la nuit.

Autre point important : la rémunération.
Je savais quelle serait ma rémunération puisque mon éditrice m’avait envoyé les termes du contrat avant le contrat pour que je puisse avoir une idée. Comme vous le savez, en tant qu’auteur, on touche un à-valoir et ensuite, un pourcentage sur chaque livre vendu. Samantha Bailly l’explique bien mieux que moi dans sa vidéo.
Je ne vais pas mentir : l’à-valoir était intéressant le pourcentage aussi.
De toute façon, même si la rémunération des auteurs est très très importante, surtout en ce moment puisque c’est un vrai sujet de société, il est hors de question pour moi que mon écriture paie mon loyer. Du moins pour l’instant. J’ai un travail à temps plein qui paie mes factures.

Et bref, au moment de renvoyer le contrat, je l’ai pris en photos, j’ai fait des photocopies, j’ai scanné, bref, j’ai tout fait pour garder une trace. Ma paranoïa administrative étant sans limite, je l’ai également envoyé en AR.

3- Les corrections, vague 3

Une fois la vague adminsitrative passée, j’ai pu faire la connaissance de ma correctrice.
NB : je ne vis pas sur Paris. Tous les échanges avec ma maison ont eu lieu à distance (tel + mail) parce qu’à cause de mon boulot, je n’ai pas pu me déplacer sur Paris.
Le travail de ma correctrice était de tout relire, et de me renvoyer ses corrections et suggestions. De mon côté, je devais lui renvoyer mon manuscrit avec ses corrections validées ou non. Encore une fois, Calmann-Lévy ne faisait RIEN sans mon accord. Ils ont toujours très à l’écoute, j’ai passé du temps au téléphone avec la correctrice pour discuter de certains points, voir comment s’arranger. Bref, rien n’a été fait dans mon dos.


Ensuite, mon texte est passé entre les mains d’un préparateur.
Est-ce que je sais ce qu’est qu’un préparateur? Non, pas vraiment. Mais je sais que c’est quelqu’un de très tatillon parce qu’il m’a lui aussi renvoyé mon manuscrit avec des suggestions de correction à propos de trucs IMPROBABLES auxquels je n’aurais même pas songé.
Bref, ce va et vient a duré une bonne partie de septembre et octobre. C’était très difficile pour moi à ce moment-là de se concentrer sur autre chose, parce que c’est le moment où on cherche les erreurs, les incohérences, qu’on s’assure de l’intensité de certaines scènes. Parce que l’échéance vers la version définitive se rapproche, et ça, ça fout bien les boules.

4- Découvrir la couverture

Alors le best moment, c’était sans doute la découverte de la couverture de mon livre. Les Contours de la Mélancolie aura sa couverture en adéquation avec la charte graphique de Calmann Lévy. A savoir : un aplat de couleur + bandeau avec une image. Pendant l’été mon éditrice m’avait demandé si j’avais des idées pour la couverture et le fait qu’elle me fasse activement participer à cela m’a vraiment touchée. Je n’imaginais pas qu’on me poserait la question ou qu’on me demanderait mon avis.
Bref, c’est le jour de mon anniversaire que j’ai reçu la version définitive de ma couverture que je vous partagerai bientôt.
Et là… pfioufffff… L’émotion.
Quand tu vois ton prénom écrit en gros sur une couverture avec une belle image dans de belles couleurs… C’est l’émotion. Et pour fêter ça, j’ai été me faire une grosse pizza.

5- Rencontre avec la maison d’édition

Et ça, c’est la prochaine étape. Le 13 décembre, je vais sur Paris pour rencontrer mon éditrice, quelques journalistes littéraires (peut-être), prendre des photos et découvrir la version papier de mon livre que je n’ai pas encore eu la chance de tenir entre mes mains. Ça va être fou, je vais peut-être pleurer (je pleure pour un rien, de toute façon!)
Je vous documenterai tout ça à mon retour de Paris si je ne tombe pas en plein milieu d’une grève de cheminot !

Rendez-vous la semaine prochaine. Je vous prépare l’article dont j’aurai eu besoin quand je cherchais ma maison d’édition : une checklist de choses à faire.

Et vous, quelles sont vos expériences avec les maisons d’édition?

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