J’ai une mauvaise nouvelle : il n’existe pas de recette toute faite pour écrire de la fiction. Tu peux lire tous les livres traitant du sujet, faire des plans, des arcs dramatiques qui tiennent la route… et quand même finir par donner naissance à un manuscrit tout pourri.

Mais la bonne nouvelle, c’est qu’il existerait (selon la légende) une manière de structurer son récit pour lui donner de l’épaisseur. Ca, c’est la recette que j’utilise pour faire mon plan. Est-ce qu’elle est parfaite? (oui, évidemment) Je ne sais pas, mais il s’agit d’un bon guide pour se lancer dans la rédaction d’un plan pour son roman.

Etape 1 : La sortie du statu quo

A ne pas confondre avec un élément déclencheur. L’élément déclencheur, c’est uniquement une perturbation dans le quotidien de ton personnage. Par exemple, une déclaration de guerre, l’annonce d’une grossesse, l’arrivée d’un nouveau personnage dans l’histoire. C’est l’événement qui change tout, mais la sortie du statu quo, c’est autre chose.

C’est le moment fatidique, un point de non-retour, quand le personnage n’a d’autre choix que d’avancer. Il ne peut pas revenir à sa vie d’avant, ni ignorer la situation.

Exemple : Le personnage découvre qu’il a été enterré vivant. Il doit tout faire pour s’en sortir, et ne peut clairement pas revenir à sa vie d’avant. 

La clé d’un premier point réussi, ça reste les enjeux : le personnage doit prendre des décisions parce qu’il y a une menace qui plane sur lui, un enjeu vital qui l’oblige à se bouger. Sinon le lecteur n’en aura rien faire: il faut que le lecteur s’investisse émotionnellement dans l’histoire de ton personnage.

Exemple : Notre personnage enterré vivant doit absolument s’en sortir parce qu’il risque de mourir et qu’il a un enfant qu’il risque de ne jamais revoir.

Etape 2 : La révélation du milieu

La rédaction du milieu d’un récit peut être difficile. Souvent, on a le début et la fin, mais le milieu, les péripéties, c’est toujours un peu plus coton. Souvent, on ne sait plus où aller, on fait n’importe quoi, on répète certaines actions, bref, ça tourne en rond.

La révélation du milieu donne de l’épaisseur au récit. Cet élément n’est pas obligé d’être énorme, mais ça permet au personnage d’avancer, soit continuer dans le même chemin, soit aller dans une nouvelle direction.

Exemple : Simone découvre un prisonnier dans le garage de son meilleur ami.

Révélation au lecteur qui donne un nouveau contexte. Ca peut être quelque chose que le personnage savait déjà mais qu’il avait gardé pour lui.

Quoi qu’il en soit, cette révélation ne doit pas sortir de nulle part : il faut ajouter des indices tout le long et que ce soit en accord avec la globalité de l’intrigue.

Exemple : Simone avait déjà entendu des bruits étranges depuis le garage, son meilleur ami avait été un peu fébrile ces derniers temps et s’agaçait chaque fois que Simone venait la voir.

Cela donne une nouvelle énergie au récit : le personnage devient alors proactif. Avant, il allait sans doute essayer de se sortir de la situation en fuyant, ou en se cachant. Là, l’idée c’est de mettre les envies du protagonistes en avant et de lui donner de nouveaux moyens d’agir.

Etape 3 : Avant le dénouement

L’étape 3 arrive à peu près au trois-quart de l’histoire. C’est une information, un événement, un nouvel enjeu, en bref une donnée nouvelle qui va permettre au protagoniste  de remplir ses objectifs.

Par exemple : le héros trouve enfin l’épée de feu qu’il cherchait depuis longtemps pour tuer le mage noir qui a brûlé son village.

Mais cette information ne doit pas être suffisante pour que le personnage arrive à ses fins : son voyage ne va pas s’arrêter simplement parce qu’il a trouvé une réponse à une question. Avoir mis la main sur une information ou un objet capital ne veut pas dire que notre héros saura s’en servir correctement pour arriver à ses fins.

Il est donc important de le laisser digérer l’information.

Exemple : Dans Harry Potter et la Chambre des Secrets, quand Harry, Ron et Hermione découvrent ce qui se cache dans la Chambre des Secrets, ils ne partent pas immédiatement là-bas. Ils ont encore une série de péripéties devant eux avant la fin du livre.

Etape 3.1 : Vision de la mort

Ce que j’appelle vision de la mort est un événement tragique qui arrive au personnage principal juste avant le climax. Cette technique est surtout utilisée dans les romans policiers ou de SFFF, quand les protagonistes sont lancés dans des quêtes épiques et dangereuses.

Cette “vision de la mort” va toucher le personnage personnellement et profondément et le laisser vide. A tel point qu’il en aurait envie de tout abandonner.

Exemple : perte d’un objet important, mort d’un autre personnage, blessure, etc.

On appelle cela une vision de la mort puisque cet événement valide tout le danger de l’histoire : cela montre au lecteur que le personnage a raison d’avoir peur. Qu’il joue peut-être sa vie, qu’il pourrait mourir, lui ou les gens qu’il aime. Cela montre aussi que le méchant ou l’antagoniste ne rigole pas et est prêt à aller aussi loin que le personnage principal pour remplir son objectif.

Ce point me paraît clé, non seulement parce que c’est rigolo de détruire émotionnellement ses personnages, mais aussi parce que cela donnera davantage d’impact au climax.

Le climax

C’est tout un art : il ne doit pas arriver trop tôt ni trop tard. Le climax ne doit pas durer trois plombes. On doit y mettre toutes les réponses à toutes les questions laissées en suspens. La suite du climax doit être courte, et sans résolution contemplative. Un sacré bordel.

C’est à ce moment que le personnage principal se retrouve face à son ennemi, ou face à ses propres faiblesses, qu’il est placé dans la situation où tout se joue. Et c’est un moment difficile.

Une des clés du climax, c’est de faire en sorte que ton personnage arrive à faire quelque chose qu’il n’aurait pas pu faire dès le début du roman.

Il a évolué, gagné en assurance, en courage. Il a peut-être aussi acquis de nouvelles capacités, il a appris à se battre, etc.

C’est aussi ici que le personnage finit son arc dramatique : c’est là que le lecteur va voir quels changements ont opéré sur le personnage. Ce qu’il a appris, ce qu’il a sacrifié.

Voilà, mes petits lapins…

Ces quelques points de structure peuvent se révéler extrêmement utiles pour donner plus de corps à son intrigue, mais c’est aussi un vrai puzzle à assembler à sa guise!

 

Et toi, tu as des conseils pour construire un récit?

 

Crédit photo : PDPics, Pixabay

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Post Author: Lea Hendersen

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