Je sais pas pourquoi, mais pour moi, l’envie d’écrire s’est toujours traduite par une espèce d’énergie irrépressible. C’est comme ça depuis que je suis en âge de tenir un crayon entre les mains.

Et quand à 14 ou à 16 ans, on annonce publiquement, à sa famille, ses amis, ses profs qu’on veut écrire, tout le monde vous regarde avec un mélange de complaisance et de pitié.
Je sais pas pourquoi exactement, sans doute parce que j’ai autant confiance en moi qu’un grille-pain, mais ça m’a légèrement traumatisée.

Après ça, j’ai complètement arrêté d’écrire pendant plusieurs années. Et quand je le faisais, je le faisais en secret, sans le dire à personne. Comme si c’était quelque chose dont je devais avoir honte. Je ne me sentais pas légitime en tant qu’auteur.

Et j’ai perdu un temps fou à ne pas écrire.

Encore aujourd’hui, j’ai du mal à assumer.
Mais il y a deux ans, quand j’ai voulu recommencer l’écriture, je me suis retrouvée avec exactement les mêmes réactions que quand j’avais seize ans. Sauf que c’était pire encore, parce que j’étais en âge de travailler, et qu’il fallait que je cherche un CDI activement, plutôt que de me consacrer à une activité qui me rendait heureuse et qui me passionnait.

Alors j’ai pris une décision : j’allais écrire, et tant pis. Les autres, je les emmerdais.

Du courage

Ecrire un livre, c’était la toute première décision que je prenais pour moi et qui allait me rendre vraiment heureuse. Et cette décision m’a demandé du courage.

Je suis courageuse.

Vous êtes courageux.

C’est pas donné à tout le monde de décider de se lancer là-dedans. De dire : à partir de maintenant, je m’y consacre chaque jour. Je vais sacrifier de mon temps libre pour travailler sans aucun espoir un jour d’en percevoir un gain quelconque. Je vais le faire, même si c’est dur, même si ça demande détermination et discipline.
Il faut du courage, et ça, je vous demande d’en être conscient et d’être fier ! Vous embarquez pour un voyage long et difficile, mais prenant et qui pourrait changer votre vie pour de vrai.

Demander la permission pour écrire un livre?

Quand on a ce beau projet, inconsciemment, on a tendance à chercher l’approbation des autres.

Moi j’avais envie qu’on me dise “Mais Léa, mais tu es trop forte, vas-y lance-toi”
A la place, je recevais le même regard qu’a Jon Snow dans à peu près tout Game of Thrones. La tronche dubitative et un tantinet pessimiste en mode “Non mais Winter is coming, ma grosse, t’es sûre que c’est une bonne idée?

A un moment, c’est décourageant ce genre de comportement (et on a besoin de courage!)  Et puis j’ai réalisé que je me tirais une balle dans le pied en faisant ça.

Je n’ai besoin de la permission de personne pour écrire

J’ai besoin de la permission de personne pour être passionnée, pour raconter des histoires. Je n’ai pas besoin qu’on me prenne au sérieux, tant que moi,et moi seule je suis consciente que ce que je fais c’est exactement ce que je veux faire Si les autres veulent faire la gueule et me prendre pour une tarée, eh bien tant pis. Cela ne regarde que moi.

Ce n’est pas personnel

Beaucoup de gens abandonnent.

C’est vrai.

Et je ne parle pas uniquement d’écriture. Je parle de tous ces projets qui se sont retrouvés au placard parce que trop dur, pas le temps, peur de l’échec, d’autres impératifs.

Les gens renoncent à leur rêve et se rangent dans une vie plus tranquille avec plus de sécurité.
Si toi tu arrives, avec tout ton courage et ta motivation en disant que tu vas écrire, il y a en effet fort à parier qu’on essaie de te couper les ailes.

“Et tu vas faire comment pour manger? Tu vas te mettre les doigts de pied en éventail et attendre que l’argent rentre?”
“Essaie toujours, au bout de 10 ans, tu trouveras peut-être un éditeur…”
“Tu sais que sur 1000 manuscrits, il y en a deux qui seront publiés!”
“Tu veux pas bosser dans la communication, plutôt?”

Au début, quand tu entends ce genre de phrase, ça peut te donner envie de prendre un bain avec des lames de rasoir. Et un jour, tu comprends.

Tu comprends que c’est pas personnel.

Ces gens-là sont frustrés et malheureux, et ils veulent t’emmener au fond de leur trou avec eux. Ne les laisse pas faire! Réponds avec un sourire entendu, peste quand ils ont le dos tourné et retourne écrire!

Mais bon…

C’est aussi le genre de discours, qui, aussi badant puisse-t-il être, te rappelle un peu à l’ordre.
Et s’ils avaient raison?

Après tout, tu le sais, non? Que c’est possible que tu ne soit pas en train d’écrire un best seller, que tu sois en train de te planter sur toute la ligne!

Oui, c’est possible, mais ne laisse pas cette peur te clouer sur place, utilise la à ton avantage!
La peur de l’échec peut être une source de motivation inépuisable !

Elle peut donner envie de travailler encore plus dur, de s’assurer que ton manuscrit soit aussi bon que possible, et donner la hargne de réussir!

Sois ton propre soutien, ta propre motivation

S’il n’y a personne pour te soutenir, tu sais ce qu’il te reste à faire?
Il faut compter sur toi
Quand la motivation manque, quand le moral est bas, quand on a l’impression d’écrire que de la merde, et qu’en plus, derrière, il n’y a personne pour vous pousser, il faut être sa propre maintenance.
La motivation pour écrire ne viendra de personne d’autre que de toi. Ce livre, c’est toi qui l’écris et si personne ne te dit que c’est trop cool, alors c’est à toi de te trouver trop cool, et trop courageux et trop talentueux.
Personne ne croira plus en ton propre rêve que toi. Alors n’attends surtout rien des autres et puise dans tes propres ressources pour écrire et croire en toi.
C’est pas si difficile en vrai. Après quelques crises de larmes et quelques verres de vin, ça se fait bien !

Et toi, qu’est-ce que tu te dis pour garder le courage?
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Post Author: Lea Hendersen

3 Replies to “Motivation : écrire quand personne ne vous soutient”

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