Depuis le 10 juillet dernier, je sais que mon roman Les Contours de la mélancolie va être publié aux éditions Calmann Lévy le 2 janvier 2020.

J’ai écrit un article à ce sujet, et depuis, je n’en ai pas beaucoup parlé. C’est un peu bêbête, mais une partie de moi se sent presque coupable. J’ai peur que les gens m’en veuillent d’avoir réussi donc je passe un peu le sujet sous silence, mais aujourd’hui, je reviens avec un article en deux parties :

  • Comment j’ai cherché et trouvé ma maison d’édition
  • Qu’est-ce qui s’est passé depuis

Je crois que j’avais besoin de parler de ça, dans un souci de transparence, déjà. Mais aussi parce que quand je cherchais ma maison, je me suis un peu retrouvée livrée à moi-même. En dehors de l’excellente vidéo de Samantha Bailly, je ne parvenais pas à mettre la main sur une sorte de checklist de ce qu’il faut faire pour trouver une maison. J’étais démunie, alors si mon parcours peut éclairer un gentil écrivain qui vient de finir son manuscrit, tant mieux.

1 – Le livre

Comme je l’ai dit dans ma vidéo, j’ai écrit mon livre à l’été 2018 et je l’ai laissé tranquille pendant plusieurs mois pour ne le relire qu’en octobre. Si je l’ai fait, c’est parce que je considère qu’on a toujours besoin de prendre son recul sur son travail et le meilleur moyen de faire ça, c’est de laisser passer du temps. Mais c’était aussi parce que pour moi, ce livre n’était qu’un essai. Quelque chose que j’avais fait pour passer le temps.
Mais comme j’étais au chômage en octobre et que je déprimais un peu, je me suis dit un matin, “Je vais le relire, ce bouquin.”
Evidemment, je lui ai trouvé des défauts, mais j’en étais globalement très contente et j’ai aussitôt fait une liste de choses à corriger. C’est aussi à cette époque que j’ai écrit l’article “J’ai fini un manuscrit” où j’ai lancé un appel aux bêta lecteurs.

2- Les bêtas lecteurs

Je ne pouvais pas, mais alors PAS DU TOUT envisager d’envoyer un manuscrit en maison d’édition sans avoir eu des retours de bêtas lecteur. L’inverse aurait tout simplement été me tirer une balle dans le pied. Quand j’ai demandé aux lecteurs de mon blog s’ils voulaient me lire, j’ai eu une dizaine de volontaires qui ont répondu présent.
Il existe des tas de procédures en ce qui concerne la bêta lecture (la vidéo d’Emily en parle très bien!) et je les connaissais bien… mais je n’en ai suivi aucune.
Pour rappel : j’étais au chômage, j’étais déprimée, je voulais pas me faire chier… Alors j’ai juste envoyé mon manuscrit en entier aux gentils volontaires et j’ai dit : “Tu m’dis kekten penses, merci bonsoir.”
Et j’ai eu la chance d’avoir des bêtas lecteurs adorables qui ont joué le jeu et qui m’ont dit ce qu’ils en pensaient sans langue de bois et souvent avec des critiques très détaillées autant sur le fond que sur la forme. Ils ont fait le boulot à ma place ces sacripants !! En lisant leurs retours, leur enthousiasme, alors je me suis dit… pourquoi pas?

3- La maman de mon pote Hélio


Mon pote Hélio a une maman passionnée de bouquins et qui à l’époque venait juste de terminer une formation de correcteur. Elle s’est aussi portée volontaire pour lire et corriger mon texte gratuitement, en tant qu’entraînement. C’est d’ailleurs grâce à elle que j’ai pu avoir de si beaux tirets cadratins à mes dialogues. Elle a corrigé l’orthographe et a relevé quelques incohérences.
Et à la fin, elle a dit : faut l’envoyer à une maison d’édition.

4- Les envois

Finalement, après avoir tergiversé pendant des semaines, voire des mois sur auto édition ou maison d’édition, j’ai choisi la maison d’édition. Par flemme, principalement, l’auto édition étant quasiment un travail à temps plein.

Pour les envois, c’est là que la merde a commencé. Naïvement, je pensais qu’il existait une sorte de masterlist sur l’internet mondial qui répertoriait toutes les maison d’édition qui existe en France. Eh ben, MAZETTE, NON, ça n’existe pas !!!

Donc, j’ai commencé à chercher et là, je suis tombée, dieu merci, sur les listes des maisons d’édition présentes à Livres Paris. Ce n’était pas catégorisée par ligne éditoriale, mais moins là j’avais un vrai contenu. J’ai commencé à chercher, à essayer de bien distinguer les tailles, les lignes éditoriales, la philosophie et les valeurs d’une maison avant de leur envoyer mon manuscrit.
Et autre point : je ne voulais pas envoyer de manuscrit papier.

Parce que,en plus d’être flemmarde, je suis aussi RADINE. Il était hors de question que j’aille dépenser une fortune pour imprimer, relier et envoyer mon manuscrit à des maisons qui ont très certainement de quoi lire un document en format PDF ou Word. Je pense, même si je n’ai pas trouvé confirmation, que c’est une technique de la part des maisons d’édition pour ne pas se retrouver noyées sous les manuscrits. Quoi qu’il en soit, c’était envoi PDF pour moi.

J’ai donc uniquement visé des petites maisons d’édition. Parce que je ne me voyais pas viser les grandes maisons, là où il y a beaucoup d’appelés, peu d’élus et où en général, les éditeurs concentrent leur énergie et leur argent sur leurs auteurs phares et non pas sur les premiers romans. Je voulais être bichonnée par ma maison (et oui, rien que ça!!)

C’est pour ça que j’ai envoyé à des petites structures. Après en avoir ciblé six et envoyé mon manuscrit, j’étais un peu épuisée.

Chaque maison a ses exigences. Certaines ne demandent rien en particulier (NB: c’est pas une raison pour envoyer son manuscrit à l’arrache avec des fautes d’orthographe, pas relu, pas corrigé sur le fond, non.) Mais d’autres sont très à cheval sur la police, le format du fichier et refusent s’il n’y a pas ces foutus tirets cadratins !!! A chaque fois, j’ai dû envoyer un bref texte pour parler de moi, et là, c’est toujours un peu le blocage. En fonction de la maison, je choisissais mes mots, je m’autorisais à un peu d’humour. Mais surtout, j’allais au plus court. Pas plus de cinq lignes pour me présenter.

Bref, je ne savais plus à qui envoyer et là, j’ai feuilleté ma bibliothèque et je suis tombée sur un livre que j’avais beaucoup aimé “Je m’appelle Léon” aux éditions Kéro (qui appartient à Hachette mais qui ne publie que 25 romans par an.) Et je me suis dit : allez, on envoie à Kéro.
Une fois que ça, ça a été fait, je suis retournée jouer avec mon chat et on en parlait plus.

5- L’attente, mais pas trop

Dès le lendemain : deux mails de refus. Au moins, ça c’était fait.

Ça ne m’a pas touchée plus que ça. Je m’attendais à être rejetée. J’avais cinq autres demandes en attente et je pouvais toujours envoyer à d’autres maisons.

Une semaine plus tard, un autre refus. Argumenté, cette fois-ci. C’était vraiment ouf de se dire que mon livre avait été, apprécié par une maison, et qu’elle déclinait quand même.

Puis, un autre mail. Calmann-Lévy. Étrange parce que je ne leur avais pas envoyé mon manuscrit. Et là, mon cœur a sauté dans ma poitrine.

Ils ont aimé. Ils veulent en parler.

Je réponds que je suis carrément ouverte à la discussion (même si la question du comment mon manuscrit est arrivé chez Calmann-Lévy me taraude toujours…) et l’assistante de l’éditrice me répond en me disant que ceci n’est pas du tout une promesse d’édition, mais plutôt une invitation à retravailler mon texte afin de le proposer au comité de lecture.

Point bonus : elle me donnait un mois pour le retravailler et elle m’avait envoyé deux pages entières de recommandations.

Comme je l’ai dit dans un article précédent, j’ai organisé mon temps au maximum. Je me suis fixée des horaires de boulot très précis devant lesquels j’ai été intransigeante. Pendant une heure chaque jour, mon téléphone était coupé, mon mec avait interdiction de m’adresser la parole et je devais bosser.
J’ai fini par renvoyer mon manuscrit avec une semaine d’avance, pile pendant la canicule et je me suis dit : bon, on respire et on va se faire des moules frites.

Ce qui m’a vraiment troublée pendant cette période, c’était mon absence totale de stress. C’était la facilité avec laquelle je pouvais retravailler mon texte. Sans doute parce qu’après plusieurs mois de correction et de relecture, j’avais fini par connaître mes personnages par coeur. C’est là que j’ai vraiment réalisé l’importance de bien connaître et comprendre les personnages avec lesquels on travaille.

6 – La fin de la quête (bah ça aura pas duré longtemps…)

Mercredi après-midi le 10 juillet 2019. J’étais au travail. Je portais une robe, je m’en rappelle très bien parce que j’étais à vélo ce jour-là et que ma robe n’arrêtait pas de remonter. Toute la ville avait pu voir mon slip.

C’était l’éditrice. Elle voulait qu’on se voie (non, madame, je suis pas à Paris, désolée) ou alors qu’on s’appelle. Je lui ai dit : ok, après le travail.

Pour attendre l’appel, j’ai pris mon vélo après le boulot et je suis allée au parc. Je me rappellerai sans doute toute ma vie m’être dit : c’est là. C’est maintenant que ma vie va changer. Pendant que je suis sur mon vélo, ma culotte à l’air en train d’attendre l’appel de l’éditrice.

Et quand elle a appelé, elle a longtemps parlé du manuscrit. De ce qu’elle avait, ce qui l’avait émue, ce qui l’avait fait rire et elle a conclu en disant : “J’aimerais beaucoup le publier.

Elle a même ajouté : je vous laisse réfléchir.
Et j’ai dit : bah non, on réfléchit pas. C’est topette de mon côté !

Bon, cet article étant déjà beaucoup, beaucoup, beaucoup trop long, je vous réserve la suite pour la semaine prochaine !!

Et vous, comment ça s’est passé si vous avez déjà envoyé vos manuscrits?

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