Ces derniers temps, j’ai lu beaucoup de livres qui ne m’ont pas plu. Du tout.

Et récemment, les deux livres que j’ai essayé de lire (sans les finir) avaient des problèmes en commun : les personnages féminins.

Dans l’un des livre, un bouquin de SF, c’était bien simple : arrivée à la moitié, je me suis rendue compte qu’il n’y avait tout simplement aucune femme. Aucune. Pas une seule. C’était que des bonhommes qui traversaient l’espace et vivaient des aventures extraordinaires.

Pendant ce temps, leurs femmes étaient sans doute en cuisine, à leur préparer des sandwichs.

Dans l’autre livre, (qui lui était très mauvais du début à la fin) il y avait des personnages féminins mal exploités. Il y avait la salope (qui est une salope parce qu’elle a couché avec plus d’un seul garçon, donc forcément, elle a le feu au cul), la petite vieille qui ne veut que le bien autour d’elle, la petite fille espiègle trop mignonne qui veut faire du cheval. Enfin… Non. C’était non.

Alors je me suis demandée en refermant ces deux livres (que je n’ai même pas terminés) : qu’est-ce qu’un bon personnage féminin? Des tas de personnages extraordinaire me sont venus en tête, mais j’ai eu presque autant d’idées de personnages affreux et qui pourtant sont issus de fictions ayant connu un succès énormes!

NB : les clichés que je m’apprête à lister sont très communs dans les fictions. J’ai hésité avant de mettre des exemples, mais mon boulot n’est pas de râler après des auteurs, des personnages, ou des scénaristes qui ont connu le succès. J’ai pas envie d’être une hater, et encore moins d’être aigrie. Si vous voulez des exemples, j’en donnerai, mais je ne trouvais pas ça terrible, surtout s’il s’agit d’œuvres populaires, ou qui vous auront peut-être plu.

Le mollusque

Le mollusque est un personnage féminin qui n’existe que pour donner la parole à son homologue masculin. Elle n’a ni personnalité, ni objectif, donc encore moins de motivation.

Elle est incapable de se défendre toute seule, c’est une victime qui cherche une forme de protection auprès d’un homme.

Et pourtant… c’est le personnage principal du livre! C’est elle qui est supposée faire avancer l’intrigue, mais elle uniquement là à demander, les bras ballants : “Mais je sais pas quoi faaaaire?!”

Ce qui fait que lorsqu’elle trouve quelqu’un, un vrai bonhomme fort qui décrocherait la lune pour elle (sans aucune raison puisque ce sont des personnalités aussi fortes que des asperges!), elles ne vivent que par lui ou que pour lui. On pourrait aussi noter le fait que ces relations sont souvent très nocives, basées sur rien d’autre qu’une passion factice et sexuelle absolument vide.

Le message de ce genre de personnage est aussi vide de sens qu’elles le sont elles-mêmes : une femme n’a pas à décider de sa vie, elle est soumise à un homme et n’a pas à développer son caractère ou ses ambitions.

La badass

Peut-être tout aussi énervant que le mollusque.

La badass a une motivation : elle veut péter la gueule à tout le monde. Souvent par revanche, ou parce qu’elle est si profondément traumatisée par quelque chose qu’elle est incapable de ressentir quoi que ce soit. Pauvre chaton.

Donc elle est trop forte. Plus forte que cinq mecs à la fois. Elle se bat et met tout le monde au tapis. Et elle tue sans arrière pensée. Comme ce qui serait typiquement attendu d’un bonhomme. En gros, elle est masculine. 

Le girl-power de la badass est d’être un homme avec une paire de seins. (Est-ce qu’elle a ses règles?! Ou alors c’est trop girly, ça?)

Elle n’est pas féminine, parce qu’elle n’a pas le temps. Elle doit défoncer des gars avec sa grosse épée. Mais surtout, ce qui ressort de cette badass, c’est qu’elle est apathique. Parce qu’avoir des émotions, ou de l’empathie, c’est un truc de cocotte.  Pour buter tout ce qui est sur son passage, il ne faut pas réfléchir, il faut avoir le goût du sang dans la bouche (à défaut d’avoir ses règles).

L’hystérique

L’hystérique, c’est la fille qui a l’air bien sous tout rapport jusqu’au moment où elle pète un boulon et crie partout et pleure et te fait une bonne grosse cise de nerf parce qu’elle est incapable de se contrôler (sans doute parce qu’elle a ses règles, saloperie d’œstrogène).

Sa voix part dans les aigus, elle fait foirer une mission très délicate parce qu’elle a trop peur et qu’elle pleure pendant que ses camarades hommes sont au calmes parce qu’ils ont l’habitude. L’hystérique est juste la fille insupportable qui cherche l’attention. Parce qu’elle a rien d’autre à foutre.

La fille sexy (et c’est tout)

C’est encore un trope qui me rend dingue. La fille est belle, genre très belle. Et c’est super. Mais elle est aussi sexy et sensuelle, et son rôle dans le livre, c’est ça : être belle. Elle est belle et son arme favorite, c’est la séduction.

Je trouve que les femmes qui utilisent la séduction comme une arme pour obtenir ce qu’elles veulent, quand c’est bien amené, c’est fascinant. Mais parfois, c’est ridicule. Déjà, les hommes ne sont pas des moutons, ils ne perdent pas tout sens commun à la seconde où une paire de seins traînent sous leur nez (contrairement à ce que voudraient nous faire croire beaucoup de sitcoms.)

Ensuite, tout le monde a des goûts différents, certains les aiment maigres, ou plus rondes. Blondes, rousses ou brunes. Certains garçons préfèrent aussi les garçons. Mais non, cette fille séduit tout le monde parce qu’elle est vraiment trop belle. Et dans le récit, elle n’a rien d’autre à côté qui puisse lui donner un peu de profondeur, pas de backstory, pas de passion (est-ce qu’elle aime faire du macamé?!)

Elle est juste… bonne.

Et je trouve ça d’autant plus terrible que les femmes sont souvent ramenées à leur physique. On doit être belles, mais pas trop. Bien habillée, mais pas trop sexy, sinon on est des putes. Rasée, parce que sinon, on est crado. Maquillée, mais pas trop pour éviter le syndrome de la “voiture volée”. Alors avoir un personnage qui est uniquement là pour jouer de son physique ramènent encore les femmes à ce statut, cette perfection divine de la femme si belle qu’elle hypnotise tout ce qui lui passe sous la main.

La fille moche… mais intelligente

C’est bien connu : une fille ne peut pas être belle et intelligente. Tu as déjà vu une nana incroyablement belle faire Maths Sup, toi?! Moi non plus, ça n’existe pas !!

Une fille belle ne sert qu’à être belle. Elle sert à afficher sa beauté et à rendre tous les hommes fous. Une fille intelligente reste chez elle à lire des bouquins compliqués, et elle sait pas s’habiller, ni se coiffer et elle pue sans doute de la gueule.

Dans un autre livre que j’ai lu récemment, un des personnages en était le cliché parfait. Elle était furieusement intelligente, elle savait ce qu’elle faisait, et pourquoi. Elle manipulait les hommes et les femmes, oui mais… elle était moche et grosse. Alors déjà, qui a dit qu’être grosse, c’est être moche? Mais elle, elle l’était, forcément. Donc, grâce au temps qu’elle n’avait pas passé devant le miroir à se brosser les cheveux et à apprendre à mettre du mascara, elle était devenue atrocement intelligente.

(Et le pire dans cette histoire, c’est que c’était le livre d’un auteur que j’aime beaucoup !)

Ce genre de personnage me donne envie de mettre feu à mon livre, puis de le jeter par ma fenêtre en marmonnant des incantations sataniques. Parce que je connais des tas de filles magnifiques et furieusement intelligentes. D’ailleurs, l’intelligence, n’est-ce pas incroyablement sexy?!

Je pourrais continuer encore et encore. Et pas de panique, bientôt, j’aurai un article avec des personnages féminins intéressants et complexes. Parce que nous ne sommes pas toutes des mollusques.

Et toi? Quels clichés te rendent absolument malades?!

Crédit photo : Wxzhuo, Pixabay (et d’ailleurs, en tapant “femme guerrière” dans Google, je suis tombée que sur des nanas avec de guns et des épées… à moitié à poil)

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Post Author: Lea Hendersen

13 Replies to “Les personnages féminins #1 : le cliché”

    1. Oh !!! La vidéo est fascinante, je connaissais pas ce bonhomme !!! J’adore, merci pour le partage !! 😉
      (Et oui, j’avais viré l’article parce que je voulais y apporter quelques corrections et je l’ai republié ce matin, c’est pour ça!)

  1. Intéressant article, et intéressante question que celle du traitement des personnages féminins. D’autant plus intéressante que nous y sommes tous et toutes confrontées.
    L’autre jour j’ai fait un petit exercice dans ma tête : j’ai essayé de voir comment je présenterais le caractère et la personnalité de mes personnages féminins sans employer le terme “forte”. Car on ne parle jamais d’hommes forts, c’est quelque chose qui doit couler de source peut-être et de secondaire vis-à-vis de la palette de caractéristiques des perso masculins… En revanche on parle de femmes fortes. Et souvent d’ailleurs on s’arrête là comme si ça résumait la caractérisation du personnage. J’ai l’impression d’avoir des personnages très développés, et pourtant je me suis rendue compte que ce n’était pas aussi facile pour moi de procéder à cet exercice avec mes perso féminins qu’avec mes persos masculins. Le seum, oui.

    Après un cliché dont je commence à avoir une sainte horreur, c’est le viol systématique des personnages féminins. Un exemple qui m’avait rendue dingue c’était dans la série outlander, surtout compte tenu de la différence de traitement entre le viol de l’héroïne et celui du héros. L’héroïne se remet immédiatement de son viol, parce qu’après tout, c’est une étape de vie tout à fait normal pour les personnages féminins de fiction, puis faudrait pas qu’elle nous gonfle trop longtemps avec ça. Mais quand le personnage masculin se fait violer, alors là, oui, il veut mourir, il est souillé jusque dans son âme. Parce que c’est normal pour une femme d’être violée, mais pas pour un homme ? Est-ce que c’est censé montrer la résilience et la force de l’héroïne ? Perso je ne peux pas adhérer à ça, et je trouve ce traitement au mieux narrativement stérile au pire dangereusement banalisant.

    1. La question du viol dans les romans est un tout autre champ de bataille. Je n’ai pas lu Outlander parce qu’après avoir regardé la moitié de l’épisode 1 de la série, j’ai trouvé autant de personnalité à l’héroïne qu’à une courgette trop cuite. J’ai vu dans une des vidéos de Lemon June qu’en effet, le viol faisait partie intégrante du bouquin. Ce qui ne m’a pas donné non plus envie de le lire.

      Ce qui me rend dingue, aussi, c’est la façon dont le viol est présenté parfois comme étant romantique dans trop de fictions. Un acte normal entre un homme et une femme. La femme ne veut pas, mais l’homme veut, alors c’est presque devenu normal qu’il la viole, parce que bon, il l’aime tellement et la désire tellement qu’il ne peut pas s’en empêcher. C’est tellement romantique, non?!
      L’année dernière j’ai lu un bouquin qui était une sombre merde. Une femme se fait violer à de nombreuses reprises par son mari, et quand elle arrive enfin à le quitter, elle se barre et retrouve une de ses vieilles chemises dans ses affaires et la respire. Et là, elle se dit : “L’odeur de son mari avait toujours été celle du réconfort.”

      Le réconfort !?
      Le mec la battait et la violait, mais elle pensait encore à lui comme à quelqu’un de réconfortant ! Et le pire, dans cette histoire, c’est que ce bouquin avait été écrit par une femme. Tout comme 50 shades, ou Outlander, ou une certaine Colleen Hoover (apparemment connue pour écrire des romances abusives, mais tellement romantiques!)
      J’aimerais beaucoup écrire un article sur le sujet, mais c’est très très très tendu. Cela dit, ton propos sur Outlander est très juste. Une femme violée doit s’en remettre, puisque c’est son lot quotidien de se faire tripoter contre son gré, c’est normal, elle doit l’accepter. Nous “gonfler” avec? nan mais, c’est bon, quoi. C’est pas comme si la vie de trop de femmes avaient déjà été brisées par le viol. Et qu’il existe en plus tout une culture autour qui en fait quelque chose de normal, voire de romantique. Ca me rend complètement ouf. D’où ce commentaire à rallonge.

  2. Aaah merci d’aborder ce sujet ! Perso ça m’aurait pas dérangée que tu mettes des exemples, même de fictions populaires, parce qu’il faut quand meme se rendre compte que les clichés sexistes sont partout, et que pour en sortir, il faut bien commencer par les pointer du doigt…
    moi c’est le fameux syndrome de la schtroumplette qui m´exaspère : c’est-à-dire de ne trouver qu’un ou deux personnages féminins (qui en plus rentrent souvent dans les clichés que tu décris) parmi une multitude de personnages masculins, qui eux, sont complexes et diversifiés…
    Pour tout aspirant auteur, c’est important d’en avoir conscience pour ne pas perpétuer ces schémas qui alimentent le sexisme. Ce n’est pas parce que c’est de la fiction que ce n’est pas grave, au contraire, ça a un vrai impact sur nos représentations mentales de la société ! (Bref je rejoins le coup de gueule)

    1. Le syndrome de la schtroumphette est in-fâ-me !!! On ajoute une femme, parce que bon… il faut de la diversité ! Mais elle doit forcément être l’intérêt amoureux d’un des autres personnages et elle ne sert en général qu’à faire briller les personnages masculins. C’est LA fille, donc elle doit se faire galocher à un moment dans l’histoire.

  3. J’espère que je ne suis pas tombé dans tous ces pièges en créant mes personnages féminins. Ça me surprendrait beaucoup que je sois arrivé à tous les éviter. En tout cas j’ai essayé.

    Ces clichés que tu décris, je les ai rencontré quand j’ai voulu illustrer une de mes nouvelles. L’héroïne est (en résumé) une guerrière, blonde et belle. Et bien il n’y a aucune illustration libre de droit correspondant à ce schéma. Si on cherche des guerriers, on en trouvera des crédibles. Mais une guerrière doit forcement être peu vêtue. La cuirasse bien épaisse du guerrier se transforme en bikini (il suffit de voir l’image en haut de cet article). Parce que la guerrière doit toujours être féminine et sexy, même en tenue de combat. Et la mienne ne l’est que – horreur – en certaines circonstances peu nombreuses. Et la blondeur ? Eh bien, la guerrière est brune ou rousse mais jamais blonde. Blonde c’est la demoiselle en détresse. Ou une elfe. Mais comme mon personnage n’est pas une elfe, ces illustrations ne collent pas.

    Autrement, pour en revenir à mes lectures, je viens de finir un livre ou tous les personnages féminins importants sont victimes de ces clichés. L’héroïne qui doit mener un combat pour abattre une dictature mais fragile, indécise, qui a besoin de son mentor masculin pour prendre toutes les décisions à tel point qu’on a envie qu’il la frappe pour la faire réagir.. La criminelle très belle, très sexy, à forte poitrine bien mise en évidence (détail fréquemment rappelé dans la narration), qui va user de tous ses charmes pour circonvenir le héros et finalement tomber sous son charme et lui donner tout ce qu’il demande sans rien recevoir en échange. Un test de Bechdell qui échoue lamentablement (le seul moment ou deux femmes se parlent longuement, c’est pour savoir laquelle va coucher avec le héros en premier). Et pourtant, ce livre a été écrit pas une femme.

    1. Ton commentaire en dit long, je trouve… Déjà, gloire à toi pour vouloir faire tes illustrations toi-même. Je pourrais à peine dessiner un bonhomme bâton sans me provoquer un AVC. Et c’est vrai que les femmes guerrières sont nombreuses, mais sexy. Pas de protection au niveau du ventre, évidemment, c’est ridicule, il faut montrer ce ventre plat et musclé. Quant à la couleur de cheveux, elle est aussi sujette à pas mal de cliché. Je peux pas te dire à quel point je hais les clichés sur les blondes un peu coconnes, et surtout quand ces clichés sont véhiculés par des femmes. En général, on fait des héroïnes rousses pour les distinguer des autres filles. Elles sont “pas comme les autres” donc elles sont rousses. Déjà, pourquoi est-ce qu’une héroïne devrait ne pas “être comme les autres femmes”? Qu’est-ce qu’il y a de mal à être une femme? Non, il faut une couleur de cheveux rare pour un personnage rare.
      Mais bon, je fais la maligne tout en sachant à quel point c’est difficile d’éviter les clichés, on est un peu formatés, quelque part. Alors oui, c’est difficile et je comprends VRAIMENT ta lutte intérieure.
      Et le livre que tu as lu… J’ose pas te demander duquel il s’agit. Mais si déjà, le test de Bechdell est un gros fail… C’est mauvais pour la suite! En tout cas, merci pour ton commentaire, c’est vraiment intéressant d’avoir le côté “graphique” des choses aussi avec les représentations physiques aussi.

      1. Tiens à propos, un autre cliché qu’on voir fréquemment dans les films et que je viens d’ailleurs de revoir à l’instant. Pourquoi quand on montre une jolie femme qui entre dans une pièce ou sort d’une voiture, on fait un gros plan sur ses jambes et qu’on remonte le long de son corps. On fait jamais ça pour les hommes. Pourtant, mes filles ne seraient pas contre (au moins l’aînée).

  4. Ah, mais quel bonheur de lire des réflexions construites et intelligents sur ce sujet. J’y suis hyper sensible et pour le coup, je pense même écrire une série d’articles sur mon propre blog (mais pour le moment, j’ai seulement balbutié quelques réflexions, je pose ça ici si cela t’intéresse : http://elodie-agnesotti.com/representation-corps-feminin/).

    Ces clichés que tu décris sont une vraie gangrène de la littérature. Et l’article est très bien rédigé, hyper intéressant. Je crois que la Badass est celle qui m’énerve le plus, justement parce qu’elle est un homme avec des seins et qu’elle est là pour cristalliser tout un tas de fantasmes.

    Et je dois dire que les commentaires sont hyper intéressants, eux aussi. J’y ai vu une question sur la notion de “femme forte” et c’est vrai qu’on est nombreuses à y penser, alors que de base, on ne parle pas d’ “homme fort”. Surtout, cela sous-entend qu’une femme “normale” est faible. Bref, il y a de quoi parler des jours sur le sujet. Je ne manquerai pas de faire référence à ton article si je fais une série sur mon blog !

    1. C’est vrai que je trouve les commentaires que je reçois tout aussi intéressants, sinon plus que ma réflexion de départ! Le souci avec ce sujet, c’est qu’on marche sur des oeufs, et qu’en plus, c’est tellement vaste que j’aurai pu créer un blog entier sur la question !
      Ton article est vraiment intéressant. Je suis d’accord sur l’idée qu’on manque de diversité physique. Ce n’est pas parce que ton personnage féminin est roux que c’est de la diversité. Il faut des femmes de toutes les tailles, de toutes les formes, tout comme les hommes. Et je suis d’accord avec l’incipit d’Aragon (même si j’ai jamais réussi à finir le livre!), il est assez magistral.
      Quant à l’idée de femme forte, oui, c’est quelque chose qu’on retrouve dans la fiction, mais aussi dans la vie de tous les jours où on encense ou réprime ces “femmes fortes” comme si elles appartenaient à une race à part. Ce qui n’a aucun sens, sauf si on le met en opposition aux clichés récurrents de la “demoiselle en détresse” qui n’aspire qu’à être sauvée et à enfiler des perles en chantant avec des oiseaux!

      1. Ouais, je suis d’accord avec toi. La couleur des cheveux, c’est de la diversité “facile”. Cela donne l’illusion qu’on a des personnages féminins différents mais en réalité, ils se rejoignent tous en ce qu’ils correspondent aux standards de beauté (modernes, la plupart du temps) – et aux fantasmes masculins ? C’est d’autant plus absurde qu’on sait, par exemple, qu’à certaines époques les filles bien en chair étaient considérées comme jolies, pourtant en Fantasy c’est très rare d’avoir des personnages décrits comme ronds ou carrément en surpoids.
        Je ne sais pas pourquoi mais plus ça va, plus j’ai l’impression que dans la tête des gens, “femme forte” = femme qui déteste les hommes. C’est une perversion du concept même de féminisme, je trouve, et c’est d’autant plus rageant quand, en fiction, on se retrouve avec un tel personnage, qui ne fait confiance à personne (mais finira quand même par trouver son prince charmant, parce que hé, faut bien…). Bref, c’est agaçant haha.

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