Bon… Alors l’annonce est dans le titre. Ne faisons pas durer le suspense.

Je suis vraiment vraiment très heureuse d’annoncer sur mon petit blog d’auteure que je vais être publiée : mon roman, Les Contours de la mélancolie va sortir en janvier 2020 aux éditions Calmann-Lévy.

Ouais, ouais, c’est la folie.

C’est con parce que je sais pas quoi dire. Ca fait déjà quelques temps que je le sais, mais je ne voulais pas en parler publiquement sans avoir l’accord de mon éditrice. Là, c’est bon, le contrat est signé, la couverture est en cours de fabrication, ça y est.

Je suis une auteure publiée.

Je l’ai appris le 10 juillet dernier. Il faisait beau. Il faisait chaud et j’étais tellement surexcitée que j’en ai pas dormi de la nuit.

Je vais vous raconter sur le blog et sur la chaîne comment tout s’est déroulé, et comment la suite s’annonce pour la publication de mon livre, mais pour aujourd’hui, je vous balance juste en vrac, ce qui se passe dans ta tête quand tu apprends que tu es publié.

Le syndrome de l’imposteur

C’est vraiment un sentiment très étrange quand un inconnu te dit au téléphone : “J’ai adoré votre roman!” et que toi t’es là, en train d’encaisser tous ces compliments et le premier truc que tu te dis, c’est que c’est juste une blague.

Bon, je dois admettre, j’oscille en permanence entre l’impression que je suis un sous-être qui ne mérite pas de vivre, et l’impression d’être un génie (oui, je suis un peu mégalo, parfois.) Quelque part, je crois que j’ai toujours su, sans jamais le verbaliser, que j’y arriverai. Je l’ai toujours senti. Et quand c’est arrivé, j’étais à la fois méga sur le cul, mais en même temps, pas surprise du tout.

Bon, ça c’était sur le coup. Et même si cette pensée m’émerveille toujours autant (Je suis une auteure publiée, c’est ouuuuf !!!) J’ai aussi une petite voix qui me murmure : c’est pas possible.

Je me rappelle avoir passé une soirée entière à me dire que tout ça n’était qu’un coup monté. Peut-être quelqu’un de malveillant qui me faisait une blague et que tout ça n’était qu’une connerie.

Je pense que ça vient aussi du fait que tout ça est arrivé vite. J’ai envoyé mon manuscrit en mars et en juillet, j’avais une réponse positive. Très franchement, je n’en reviens pas de la chance que j’ai. Et c’est presque un peu difficile pour moi de vous dire : ouais, j’ai réussi, et ça s’est fait vite. Ça paraît presque irréel, et comme pour me justifier, je n’arrête pas de dire autour de moi :

“Tout ça, c’est juste un coup de chance…”

L’occasion de se la raconter grave en société

Un aspect hyper positif de tout ça, néanmoins, c’est que je peux carrément me la péter en société. Allez pas dire que ça fait de moi quelqu’un de vaniteux, vous feriez/avez fait pareil à ma place.
Quand tu peux dire à des gens “Oui, je suis une auteure publiée. Oui, je me suis cassé le cul à écrire toute seule dans ma chambre jusqu’à quatre heures du matin pour réaliser mon rêve.” C’est tellement agréable (surtout quand tu le dis à des gens qui ont jamais trop cru que tu y arriverais.)
Le mieux a été les réactions de mes proches. Il y a ceux qui jouaient les blasés en mode “Je savais que tu y arriverais.” Et ceux qui sautaient partout en faisant des petits chants de joie (c’est mes préférés ceux-là.)
Et puis, il y en a aussi qui sont sceptiques. Qui disent “Mais euh… Tu es sûre? Tu as signé un contrat? Tu es sûre que ça va se vendre?” Ceux-là, ils pensent pas à mal. Ils sont juste un tantinet rabat-joie.


Au boulot, j’ai pas encore fait mon coming out. J’ai un peu peur de la réaction de mes collègues. Je bosse dans une entreprise qui n’a rien mais alors rien à voir avec les livres et la littérature. Je finirai bien par leur dire un jour, mais je me réserve ce moment. Parce que c’est toujours un tel bonheur de l’annoncer (et de se la péter un peu.)

Non, j’ai même pas peur

Bon, malgré le sentiment de l’imposteur, non, j’ai même pas peur. J’ai eu déjà trop peur de tout dans ma vie. J’ai déjà tout le temps l’impression de ne pas être à la hauteur. Mais là, non. Pas du tout.
J’ai au contraire la sensation d’être exactement là où je voulais être.
Je n’ai pas peur des critiques. Je sais qu’on ne peut pas plaire à tout le monde, que je ne vais pas forcément faire l’unanimité. Et très franchement, je m’en fous. J’ai passé tellement de temps à batailler avec moi-même, mais je suis désormais certaine de mon identité : je suis écrivain.
Et bizarrement, je ne m’attends pas à essuyer un échec. Il ne peut pas y avoir d’échec puisque quoi qu’il arrive, je suis une auteure publiée et je fais ce que j’aime.

Ce sentiment que ce n’est que le début

Et ça, c’est le meilleur. Le top de la vachette.
Parce qu’il y a un an, j’avais un boulot tout pourri, dans un CDD qui s’est mal terminé. Je n’avais pas de projet littéraire en cours, je venais de déménager dans une ville où je me sentais très seule. Je me suis retrouvée au chômage à me demander très franchement ce que j’allais faire de ma vie.
Aujourd’hui, tout a changé. Je ne sais pas comment j’ai fait, mais j’ai avancé. J’ai essayé de fabriquer la vie que je voulais. Tout n’est pas rose, mais c’est pas grave parce que je déteste le rose.
Désormais, je suis lancée. Je vais publier mon roman, et je compte bien en publier d’autres. Beaucoup d’autres. Il est hors de question pour moi de m’arrêter là.

Sur ce…

Sur ce, je ne vais pas m’asseoir sur mes lauriers et attendre. J’ai très envie de continuer et je travaille déjà sur de nouveaux projets. Je n’ai pas envie de prendre ce contrat d’édition pour acquis, ni de me dire que j’avais absolument besoin de ça pour avoir une quelconque reconnaissance. Mais oui, ça fait du bien de voir quelque chose se concrétiser. Arriver pour de vrai. C’est simplement une expérience marquante, le début de quelque chose et je suis heureuse et fière. Tout comme je suis heureuse et fière quand ça arrive à mes copains d’écriture et comme je le serai quand ça arrivera aux autres.

Continuons le boulot, mes amis !

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