Quand j’ai décidé de chercher une maison d’édition pour mon livre, j’ai écrit cet article dans mon blog dans lequel j’ai dit : je vais tenir un journal de bord de mes recherches et le publier ici.
Ce que je n’ai pas fait.
Faut pas m’en vouloir. Quand je vous dis que je suis une flemmarde, je ne mens pas. Plus sérieusement, si je ne l’ai pas fait, c’est parce qu’en effet, je n’avais pas grand chose à dire vu que tout ça s’est fait plutôt rapidement.

Je suis déjà revenue sur mon expérience, mais voici mes 9 conseils pour chercher une maison d’édition

NB : comme je le disais dans un précédent article, je n’ai procédé qu’à des envois numériques pour mon manuscrit. Je n’ai rien envoyé par courrier. Si la question des envois courriers vous intéresse, je vous dirige vers le très bon article de Hiéroglyphe et Pattes de Mouches.

Ecrire un livre

D’abord, prenez un crayon et écrivez un livre.

(Bon d’accord, ça c’était juste pour la blague. Pardon.)

Préparer son manuscrit

En tout premier lieu, il faut préparer son manuscrit. Je ne vais enfoncer des portes ouvertes, ici et vous dire et redire les mêmes choses, alors je vais juste lister l’essentiel :

  • Corriger le fond de manuscrit
  • Faîtes-le relire par des bêtas-lecteurs, collecter des avis et corrigez en conséquence.
  • Corrigez la forme de votre manuscrit : orthographe, grammaire, conjugaison, etc. Et remplacez tous vos tirets de dialogues par des tirets cadratins (il s’agit du format “officiel” des maisons d’édition.) Si vous ne savez pas comment le faire, c’est simple : Alt+ 0151 (sur PC.)

Une maison d’édition qui reçoit un manuscrit qui n’a pas été relu, ni corrigé, ni retravaillé ne lira que deux lignes avant de faire clic droit+corbeille.

Toute la partie relecture et bêta lecture mériterait un article entier. Je vous en écrirai bien un, mais il existe des tas de ressources en ligne, déjà et je n’aurai rien de nouveau à vous apporter.

Préparer son résumé

Et celle-là, elle fait un peu mal au cul, mais oui, il va falloir apprendre à écrire un résumé de ton livre. Certaines maisons demandent carrément un résumé complet, avec la fin (ils ont pas peur du spoil, ces bougres!!)
Résumer son livre, c’est tout un art. Mon article sur la prémisse peut t’aider, mais ce qu’il faut principalement savoir c’est :

Personnage [A] a [telle vie] et un beau jour, il lui arrive [tel événement]. Il se passe ensuite [ça] et [ça] jusqu’à ce que [tel événement final] n’arrive.

L’idée ici, c’est de donner envie à la personne qui va recevoir ton manuscrit de lire, mais aussi d’être honnête ! Ne parle pas d’un récit riche en rebondissements si ton livre est plutôt contemplatif. Ne mentionne pas un polar haletant s’il s’agit d’une petite romance.

Pas de panique si tu galères ! C’est normal. Ecrire le résumé de sa propre histoire, c’est difficile. On a tendance à penser que chaque détail est crucial, à rédiger des synopsis de quatre pages. L’important, c’est d’aller à l’essentiel et de demander à quelqu’un de très gentil de vous relire.

Préparer un texte de présentation

La partie la plus laborieuse pour moi a été de préparer un texte de présentation. Parler de soi, c’est difficile. Surtout quand, comme moi, ma vie est majoritairement axée sur l’écriture et… mon chat?
Sans aller dans le farfelu, je suis de l’école “Ne pas se prendre trop au sérieux.” Je ne cherche pas à me faire mousser en disant que j’écris depuis toujours et que je suis un cadeau de dieu sur terre. Au contraire, je suis allée au plus simple.

Voici ce que j’ai écrit pour ma maison d’édition, Calmann-Lévy

Jeune auteure de 29 ans, je travaille sur mon écriture depuis maintenant plus de trois ans. En dehors de mon travail, j’ai aussi un blog et une chaîne YouTube.

Pour une autre j’ai écrit :

Ma principale activité dans la vie est d’essayer de trouver le sommeil, et comme je n’y arrive pas, j’écris des histoires.

Je me suis permis d’être un peu plus légère pour cette maison là parce que j’avais longuement arpenté le site internet et vu qu’ils avaient un sens de l’humour qui me parlait.

Selon moi, le plus simple, c’est de préparer ce texte en amont -le faire relire à un tiers au besoin- et de le copier-coller à chaque envoi.

Trouver des listes de maison d’édition

Là, encore une fois, très compliqué.

Pour commencer, il faut essayer de cibler le genre de ton bouquin : romance, fantasy, policier, horreur, etc. Et de trouver ensuite des maisons d’édition qui publient ce type de contenu.
Je me rappelle un beau jour avoir tapé dans Google : Liste maison d’édition France. Pour ne tomber sur … rien. Il n’existe PAS de masterlist, comme je l’ai déjà dit, et ça, ça m’a pas facilité la tâche.
Parce que oui, je lis beaucoup, mais il est très très très rare que je fasse attention à la maison d’édition. Je m’intéresse quasiment uniquement à l’auteur et pas à l’éditeur qui se cache derrière.

Oui, bon je suis inculte.

Pour m’en sortir, j’ai eu recours à deux techniques :

  • Regarder les salons littéraires qui se déroulent en France. En général, ils ont un site internet où sont listées toutes les maisons d’édition qui seront présentes. Ces sites sont une vraies mine d’or pour trouver des maisons.
  • Regarder dans ma bibliothèque voir quels livres correspondraient à mon manuscrit, et donc à la maison d’édition à laquelle je pourrais l’envoyer.
    NB : mon livre est contemporain, plutôt réaliste, mais avec une petite touche de fantastique. C’était donc très difficile pour moi de cerner avec quelle(s) maison(s) j’allais pouvoir collaborer.

Cerner les lignes éditoriales

Là, encore, travail de fourmi. Une fois quelques maisons d’éditions compilées, il faut aller sur leur site et checker plusieurs choses :

  • Leur ligne éditoriale
  • Le ton/les valeurs de la maison d’édition
  • Dates auxquelles ils sont ouverts pour les soumissions de manuscrits.

Bah oui, parce que les maisons croulent sous les envois de manuscrit. Quand ils ont atteint un quotat, ils peuvent plus se permettre de traiter encore davantage de récits, alors ils ferment boutique.
Moi, par exemple, j’avais voulu envoyer mon manuscrit chez Le Chat Noir. Or, ils étaient fermés sans aucune date de réouverture prévue. (Pas grave, c’était le destin!)

Préparer un tableur excel (pour les fans de tableau de suivi comme moi)

Ah. Les tableurs Excel <3
Jusqu’à l’année dernière, je ne savais pas trop me servir d’Excel. Mais avec mon nouveau travail, c’est devenu un outil quotidien.
Donc maintenant, je connais la joie ultime des tableaux de suivi.
Pour chercher ma maison d’édition, j’ai paré au plus simple avec plusieurs colonnes :

  • Nom de la maison d’édition
  • Texte/Présentation/Résumé prêt?
  • Date d’envoi
  • Réponse

A chaque fois que j’avais une étape de passée, je revenais dans mon tableau pour cocher une case. C’était beaucoup plus simple pour visualiser où j’en étais dans mes envois. (Puis j’ai une vraie passion : cocher des cases dans mes checklist!!)

Faire plusieurs vagues

Envoyer son manuscrit, c’est une épreuve un peu épuisante. Ça prend du temps, c’est stressant et c’est pour ça que je conseille de faire plusieurs vagues. Par cinq, ou par dix, par exemple, c’est déjà beaucoup.
Mais si tout le travail préparatoire a été fait avant (résumer son histoire, rédiger un texte de préparation, cerner la maison d’édition, etc.) c’est déjà ça de moins à faire.

Partir perdant

Bon, ça c’est mon côté éternel optimiste.
Je te dis pas d’envoyer chaque manuscrit en traînant des pieds et en te disant que ça ne marchera jamais. Mais plutôt de se dire : “Si ça foire, c’est ok, je m’en remettrai.”
Si ça marche, très bien. Sinon, tu trouveras une autre maison, ou tu écriras un autre livre. Oui, écrire, c’est toute ta vie, mais en vrai, faut lâcher du leste, aussi. L’écriture est importante, mais c’est pas l’avenir du monde qui est en jeu.

Un échec, c’est juste une bonne raison pour recommencer.

Moi qui n’y croyais pas vraiment, ou alors juste assez pour me motiver, j’ai réussi à trouver. Alors il y a pas de raison que ça marche pas pour vous aussi !!!

Et vous, comment avez-vous fait pour vos envois?

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