Comme je n’ai aucune personnalité, j’ai choisi ici de reprendre un thème (ou plutôt article entier) que j’ai trouvé sur le blog de la meilleure personne au monde, Astrid : l’évolution de mon rapport à l’écriture.

(Pardon de voler tes idées, Astrid, mais tu as qu’à avoir des idées moins bonnes et peut-être qu’après, j’arrêterai de te les piquer!)

Quand je pense à mon rapport à l’écriture, je distingue vraiment deux périodes. Pour moi, il y a clairement un avant et un après.

Période 1 : Où est ma putain de muse?

Je vous l’ai déjà dit, mais j’ai toujours écrit et j’ai toujours très très naïvement cru que j’étais appelée à écrire. Même aujourd’hui, je le crois un peu et je ne me l’explique toujours pas trop. J’imagine qu’il doit exister une réponse neurologique à tout ça. A pourquoi certaines personnes sont prédisposées à écrire, faire de la musique, du dessin… Et pourquoi, les écrivains sont capables de partir loin dans leur propre tête, assez pour ne même pas comprendre eux-mêmes ce qui leur arrive.
(Si vous avez des sources scientifiques sur la question, je suis preneuse.)


Petite, j’écrivais déjà. J’avais un dossier sur notre ordinateur familial qui répertoriait toutes mes histoires que je faisais lire à mes parents, ma cousine, ma marraine et je ne sais pas pourquoi, mais un jour, j’ai commencé à écrire en secret. Un peu comme si j’en avais honte, ou que j’avais peur de mettre les gens mal à l’aise.
Mon premier gros projet, je l’ai écrit (et jamais terminé) de mes treize à mes seize ans. Je me rappelle aussi que c’était une période où je lisais beaucoup de grandes épopées amoureuses (Les Oiseaux se cachent pour mourir ou Autant en emporte le vent, merci maman!) Et j’avais clairement pour objectif d’en écrire une aussi. Mais écrire un gros pavé, une sorte de roman fleuve/saga à treize ans, c’est pas évident.

Arrivée à la fac, j’ai commencé une histoire sur laquelle je bossais en dilettante, quand le cœur m’en disait. Parfois avec des élans qui me poussaient à écrire tous les jours. Et parfois, je n’y touchais pas pendant des mois. Je rejette la faute sur Rennes La Rochelle, deux villes où j’ai été étudiante et où j’ai beaucoup beaucoup fait la fête.

Bref, la seule chose que je retiens de cette période, c’est mon manque de sérieux et mon manque de régularité.

J’étais persuadée, naïve comme j’étais, que je ne pouvais écrire que lorsque j’étais inspirée. Que lorsqu’une muse se posait sur mon épaule, avec une harpe à la main et qu’elle me murmurait à l’oreille ce que je devais écrire.
Et j’étais persuadée que si j’écrivais pas, c’était pas grave. Parce que c’était inscrit en moi.

Et gogole comme j’étais, je me disais que je ne pouvais écrire que des choses parfaites, donc que je ne pouvais pas corriger. Un premier jet était une version définitive (non mais n’importe quoi!) Bref, j’avais une vision très romantique de l’écriture, et je refusais toute forme de contrainte, à savoir : prévoir des plages d’écriture, écrire même quand on veut pas, se montrer régulier et surtout, ne pas se lancer dans une histoire sans connaître la fin.

Se laisser guider au fil de l’eau, c’est bien gentil, mais ça marche pas quand on a zéro expérience et la maturité d’une patate chaude.

Bref, un jour, comme j’y arrivais pas (parce que j’étais trop naïve pour croire que d’écrire, c’était un vrai travail) j’ai posé mon crayon et j’ai dit : fuck it, j’arrête, je vais plutôt faire un master en commerce international.

2 – Période 2 : Ecrire ou mourir (ou comment trouver des titre dramatiques)

J’ai pris un vrai tournant. Pendant trois ans je n’ai pas écrit. Pourtant, j’en avais envie. Mais j’avais dit au revoir à cette ambition. Je me consacrais à autre chose et très bizarrement, je crois que c’est aussi à cette période que j’ai senti un véritable vide se creuser dans mon quotidien. J’avais beaucoup d’amis, je faisais des études et je bossais à côté. Je m’ennuyais pas, mais je sentais toujours cette énergie en moi qui ne demandait qu’à s’exprimer et je ne trouvais aucun moyen de l’exploiter. Je savais que c’était l’écriture, mais je savais la source de frustration que c’était et je n’étais pas assez débile pour y retourner. Non, non.

Et puis un jour, le drame, j’ai trouvé un travail d’adulte. J’étais enfin devenue la personne qu’on avait toujours voulu que je sois, j’avais un poste presque cadre, j’étais chargée de marketing. J’étais dans une case. C’était beau.
Je crois que je croyais que c’était ce que mes parents voulaient (thérapie bonjour) mais comme je l’ai compris plus tard, ce qu’ils voulaient, c’était pas que je me fasse chier dans un open space, mais que je sois heureuse.

Or, dans ce boulot à la con, je n’étais pas heureuse. PAS. DU. TOUT.

On parle souvent de burn out, mais là, j’ai fait un bore out. Un truc ultra violent. Je me faisais chier et ça me plongeait dans une déprime abyssale. Je ne savais plus quoi faire, je pleurais en rentrant du travail, je ne dormais plus la nuit, j’avais des migraines de l’enfer… et très naturellement, l’écriture m’est revenue. Salvatrice.

C’était simple, j’allais écrire, mais cette fois-ci, j’allais pas le faire bêtement. J’ai envoyé chier tous ces principes à la con de muse et d’inspiration et commencé à considérer ça comme un travail. Je me suis documentée sur comment écrire un livre, sur ce que cela signifiait. J’ai trouvé des livres, des blogs, des chaînes YouTube, et en quelques semaines, j’étais galvanisée. J’ai quitté mon travail, j’ai trouvé un boulot de serveuse (eeeet oui…) et j’ai commencé à écrire. Pour de vrai.

Pour la première fois de ma vie, j’ai réussi à me tenir à mes engagements. J’écrivais tous les jours. Et j’écrivais beaucoup, jusque tard dans la nuit (avoir des horaires décalés vous permet ce genre de folie.) Je prenais un plaisir fou, et plus j’avançais, plus je prenais confiance en moi. Pour la première fois depuis des décennies, je mettais de véritables points finaux à mes histoires. Bon, le contenu était affreusement bordélique, mais je commençais à trouver ma voix, et à découvrir les thèmes chers à mon cœur.
Puis, j’ai découvert qu’un premier jet, c’était 10% du boulot. Bon j’exagère, peut-être 30%.

Corriger, réaccorder, harmoniser, donner du corps à une histoire, c’était un travail à part entière et c’était très dur. Et je continuais à me mettre une pression dingue. Il fallait que mes histoires soient parfaites, que ça tienne debout, que ça émeuve, que ça fasse rire, je voulais porter toutes les casquettes à la fois… Et je me suis épuisée toute seule.
J’ai fini par reposer mon crayon, pour la seconde fois.

Période 2.1 : écrire ou mourir, mais avec discernement

En juin 2018, j’ai clairement compris que je m’avançais dangereusement vers une jolie dépression des familles. Mes projets d’écriture ne menaient à rien. J’avais un boulot vraiment pourri et je vivais dans un appartement tout aussi nul.
Alors je me suis dit : je vais écrire une histoire, mais juste pour moi et juste pour rigoler et je vais écrire ce que je veux, comme je veux.
C’est comme ça qu’est né Les Contours de la mélancolie.
Ecrire, pour moi, c’est devenu un bon mélange de tout ce que j’ai pu apprendre au fil des années. Les muses, je sais pas si elles existent, mais quand une bonne idée vous tombe dessus, il faut savoir la prendre à pleine main et la mettre au chaud pour qu’elle puisse grandir tranquillement.
Il faut prévoir, s’organiser, il faut être régulier, mais il faut aussi savoir dire : aujourd’hui, j’écris pas parce que j’ai poney.

Pour moi, c’est comme ça que ça fonctionne aujourd’hui. Je suis très loin de penser que cette évolution est terminée et que je suis arrivée à ma forme définitive. Je ne suis pas encore l’écrivain que j’ai envie d’être. Je tâtonne pour trouver le bon rythme d’écriture. Je ne sais toujours pas si j’aime les plans ou pas. Je m’accorde encore quelques années avant de comprendre un peu mieux comment je fonctionne.

Et vous? Comment votre écriture a-t-elle évolué au fil des années?

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