Il existe une légende autour de l’écrivain et de l’écriture. Qui est une grosse connerie et qui fait du mal aux jeunes auteurs.
Le livre que vous tenez entre vos mains, l’auteur l’a écrit d’une traite, sans le corriger, tel quel, comme apparu de la cheville d’une muse divine.
En réalité, c’est n’importe quoi, tout ça.
Tu t’en es sans doute rendu compte, si comme moi, tu as pondu un manuscrit dont tu étais drôlement fier. Et après, tu l’as relu.
Et tu as voulu le jeter au feu, tu as réalisé que tu étais la dernière des merdes et tu n’y arriverais jamais et que de toute façon, la litière de ton chat avait quelque chose de plus poétique que ta propre prose.

Pas d’angoisse, mon petit lapin, je suis là pour te rassurer : ton premier jet, ton premier manuscrit, c’est forcément de la merde.

Et voici pourquoi.

Parce que c’est ta première fois

Surtout si c’est vraiment ta toute première fois. Ton premier manuscrit, la première fois que tu décides réellement d’écrire un livre.
Rares sont les écrivains qui peuvent se vanter d’avoir pondu un premier jet ou un premier roman d’une traite (à part peut-être Stephen King), quand en réalité, il faut plusieurs années pour l’agencer, l’écrire, le corriger, le récrire et le re-corriger.
Quand on est novice, beaucoup de choses nous échappent encore et on pense (naïvement) que la passion suffit pour produire du contenu de qualité. Mais c’est faux : en tant que bleusaille de l’écriture, on manque souvent de méthode et de recul. Mais ça, ça s’acquiert avec les années.

Parce que le premier jet, c’est juste un plan détaillé

J’ai déjà dit que c’était indispensable, essentiel, PRIMORDIAL de faire un plan avant de te lancer dans l’écriture de ton premier manuscrit.
Mais malgré ça, pour moi, mes premiers jets me rappellent davantage mes plans… mais en plus détaillé. Une intrigue plus étoffée, des personnages mieux développés.
Donc on resprire : c’est pas grave. En vrai, c’est plutôt bon signe : ça veut dire que ton roman gagne en densité et en richesse. Et que ça va continuer!

Parce qu’on s’améliore continuellement

Bah oui ! Parce que l’écrivain que tu étais quand tu as commencé la rédaction de ton manuscrit, ce n’est plus celui que tu es aujourd’hui !
En 70 000 mots, tu as dû en apprendre des choses ! Sur toi, sur ta façon de travailler, sur tes personnages, sur le monde dans lequel ils évoluent, etc. Donc ça veut dire que, tel un bon vin, tu te bonifies avec le temps.
Le fait de relire ton manuscrit et d’y voir les erreurs à corriger, ce n’est pas le signe que tu es une merde, mais qu’au contraire, tu as aiguisé ton esprit critique et tes compétences (je hais ce mot) en écriture.
Alors point de drame, mon ami : ton premier jet est merdique, certes, mais tu as le recul nécessaire pour t’en apercevoir et ça, ça veut dire que la suite sera largement moins nulle.
Plus on écrit, plus on s’améliore

Parce que ça se corrige, un premier jet

Et c’est là toute la merveille : tu peux corriger ! En fait, c’est à ça que te sert un premier jet, à avoir de la matière que tu pourras réviser plus tard. C’est un simple brouillon. Un texte à l’état embryonnaire que tu vas devoir porter au terme de sa gestation.
Tu verras que ça implique du boulot et de la remise en question. Mais c’est aussi une grande fierté. On en apprend autant sinon plus sur l’écriture et sur si en corrigeant et en améliorant son manuscrit, qu’en l’écrivant.

Mais enfin, si ton premier manuscrit est nul, c’est pas grave

Mais si, c’est vrai, j’ai raison ! Personne ne le saura jamais, sauf toi, c’est ton petit secret. Et il n’y a aucune honte à pondre un premier jet tout nul, parce qu’au moins, il existe! Et crois-moi, c’est bien plus facile de corriger un premier jet pourri que de de ne rien avoir du tout

Au final, on peut corriger un manuscrit nul, mais pas une page blanche! Alors, hauts les coeurs, mon petit lapin, un peu de fierté!
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Post Author: Lea Hendersen

2 Replies to “Ecriture : pourquoi le premier jet d’un roman est-il toujours nul?”

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Et sinon, j’aime bien les chats.