Ça y est, tu as enfin décidé de te lancer dans l’écriture après avoir arrêté de te donner des excuses comme une grosse flemmasse. Et devant ton ordinateur, tu es tout pimpant, prêt à devenir un auteur à succès quand tout à coup… l’angoisse revient et tu ne sais pas par où commencer.

Mon petit lapin, je suis là pour te guider. Je suis ta lumière. Et j’ai dans ma valises neuf conseils pour gérer ton premier chapitre.

1- Pas trop d’exposition

Règle numéro un : on n’emmerde jamais le lecteur avec des détails inutiles. En d’autres termes, on raconte pas la vie de ton personnage principal, en  partant de la couleur de ses chaussettes aux céréales qu’il préfère manger le matin.

Pire encore. Si ton livre se déroule dans un royaume imaginaire, ne te sens pas obligé d’en raconter toute l’histoire, d’énumérer les lois ou de parler du temps qu’il y fait. D’accord, le lecteur a besoin de savoir tout ça, mais tu auras tout le temps de lui en parler plus tard, soit par la narration, soit par le dialogue.

Le premier chapitre a besoin de capter l’attention de ton lecteur, pas de l’ennuyer à mourir. Donc pas de fioritures: juste des détails essentiels à l’intrigue.

2- Pas de pression sur la première phrase

Il existe une véritable pression sur la première phrase. Comme quoi elle serait décisive, essentielle et qu’en gros, si tu la rate, tout le reste de ton ouvrage a autant d’intérêt d’un bol de cacahuètes.

Ce n’est pas absolument pas vrai. 

Avoir une première phrase qui en jette, c’est cool, mais c’est pas important. Ce qui est important, en revanche, c’est de bien gérer les deux ou trois premières pages de votre livre. C’est ces pages-là qui doivent harponner le lecteur et retenir toute votre attention et votre énergie. Pas la première phrase.

Et si vraiment c’est très important pour toi, alors dis-toi une chose: écris ta phrase et si elle est nulle, tu reviendras dessus plus tard.

3- Présente le problème

On parle ici d’un élément déclencheur. L’événement qui va provoquer l’histoire et lancer le personnage dans une série de péripéties. C’est à partir de ce moment-là que les enjeux de ton personnages seront tellement forts qu’il n’aura d’autre choix que d’accepter le problème qui est mis face à lui et d’y faire quelque chose.

Exemple :
Quand Harry apprend qu’il est un sorcier.

Ce problème doit être présenté aussi vite que possible afin que l’histoire puisse prendre son envol et ne pas stagner.  Perso, j’aime bien finir mes premiers chapitres sur l’élément perturbateur. Ca fait un bon cliffhanger.

4- Présente ton personnage

Pour ceux et celles qui se disent que c’est l’idée du siècle de commencer par une looongue description de l’état du Royaume de Randomland, je vous arrête tout de suite.

Le cœur de ton histoire, c’est ton personnage.

Il ou elle doit donc apparaître le plus tôt possible. L’idée ce n’est pas de nous faire une carte d’identité avec sa taille, son poids et ses signes particuliers. Le mieux, c’est de le mettre dans une situation précise qui nous expliquera bien qui il est et comment il vit. Et comment l’élément déclencheur va venir perturber sa vie.

Exemple: 
Si ton personnage est un tueur en série, présente-le en train d’égorger des petits lapins dans la forêt.

5 – Commencer à poser de questions

Votre livre, devrait se construire autour des questions et des réponses et de nouvelles questions, et de nouvelles réponses à chaque chapitre. Ce n’est pas suffisant d’avoir un élément déclencheur, il faut aussi soulever des interrogations et des mystères.

Par exemple :

Le flic qui boit trop : pourquoi?
Un chevalier errant et déchu :  que lui est-il arrivé?

6- Il doit se passer quelque chose

Ne commencer pas par le temps qu’il fait ou par l’histoire de sa morning routine qui n’intéressera personne sauf si c’est une youtubeuse beauté.
Les débuts contemplatifs où le personnage regarde le paysage en réfléchissant à l’existence vont donner à tes lecteurs l’envie de balancer ton livre ou d’en prendre un autre.

7 – In medias res

(C’est du latin, au cas où vous seriez inculte.)

C’est un procédé littéraire assez répandu qui implique de balancer ton lecteur en plein cœur de l’action, dès le début du livre et de ne relater les événements qui précèdent qu’après-coup.

Ça peut être une scène de combat, de mise à mort, un accident (j’ai que des idées horribles. Pourquoi?)

Cette méthode peut être un excellent moyen de capter ton lecteur : ça le met dans le feu de l’action, ça aiguise sa curiosité, ça pose des questions, ça crée de la tension. C’est parfait.
Mais attention, il faut que ça serve à quelque chose. Si vous faîtes ça sans but et sans conséquence, le lecteur va avoir le douloureux sentiment de s’être fait arnaqué.

Alors n’oubliez pas que tout doit rester cohérent.

8 – Sais ce qui se passe après

L’écriture d’un premier chapitre est souvent plein d’élan. En tout cas, pour moi, c’est le cas.

Je me prends de passion pour mon histoire, pour mes personnages, mais après les premiers chapitres, je m’essouffle. Et pourquoi? Parce que je n’avais pas prévu à l’avance. Faire un plan pour son roman peut prendre beaucoup de temps, mais c’est souvent essentiel, surtout quand tu te lances dans ton premier roman.

Pour ne pas perdre ta motivation, faire un plan est idéal : tu sais toujours où tu vas et avec quels personnages.

9- Tu as le droit de te planter

Tu as écris en faisant tout dans les règles de l’art, tu t’es acharné et appliqué. Tu était hyper fier de toi jusqu’à ce que tu te sois relu et là… Tu réalises que ton premier chapitre est nul et chiant.

Eh bien ça n’est pas grave.

Je suis passée par là. Tous les écrivains sont passé par là. C’est normal, c’est même bon signe, ça veut dire que tu évolues.

Une des règles d’or de l’écriture, pour moi, c’est qu’on a le droit de se planter. Une, deux ou dix fois, l’important étant quand même d’écrire et de se lancer dans ce premier chapitre qui peut faire super peur.

T’en fais pas, mon petit chat, tu pourras corriger plus tard.

Et toi, tu as des conseils pour gérer la rédaction d’un premier chapitre?

 

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